Plus de 200 tableaux, 500 dessins et 750 lettres : le Musée Van Gogh d'Amsterdam conserve la plus grande collection au monde de l'œuvre de Vincent van Gogh, née d'une collection de famille et devenue l'un des musées les plus visités des Pays-Bas. Voici son histoire, ce qu'on y découvre et pourquoi la réservation à créneau horaire est incontournable.
Sans Theo van Gogh, marchand d'art et frère cadet de Vincent, il n'y aurait probablement pas de Musée Van Gogh.
Du vivant de Vincent, presque aucune de ses toiles ne trouve preneur. C'est son frère Theo van Gogh, marchand d'art à Paris, qui les conserve une à une, convaincu de leur valeur. À la mort de Vincent en 1890, puis de Theo six mois plus tard, la collection passe à la veuve de ce dernier, Jo van Gogh-Bonger, qui consacre une grande partie de sa vie à faire connaître l'œuvre de son beau-frère. Elle revient ensuite à leur fils, l'ingénieur Vincent Willem van Gogh, neveu du peintre, qui la fait donner en 1962 à la Fondation Vincent van Gogh nouvellement créée avec le soutien de l'État néerlandais. C'est ce fonds familial, resté quasiment intact pendant près d'un siècle, qui constitue le cœur de la collection permanente du musée.
Le Musée Van Gogh ouvre ses portes le 2 juin 1973 sur le Museumplein, dans un bâtiment conçu spécialement pour l'accueillir. Depuis, il s'est imposé comme l'un des musées les plus fréquentés des Pays-Bas et le passage obligé de quiconque s'intéresse à l'histoire de l'art.
Le musée s'est agrandi par étapes, sans jamais perdre son bâtiment d'origine.
Le bâtiment principal, où se trouve la collection permanente, est signé Gerrit Rietveld, figure du mouvement De Stijl ; il ne verra pas son œuvre achevée, le musée n'ouvrant que sept ans après sa mort. En 1999, une aile d'exposition ovale conçue par l'architecte japonais Kisho Kurokawa s'ajoute pour les grandes expositions temporaires. En 2015, un troisième bâtiment relie les deux premiers : un hall d'entrée entièrement vitré, dessiné par Hans van Heeswijk à partir des plans laissés par Kurokawa après sa mort. C'est par ce hall lumineux que passent aujourd'hui tous les visiteurs.
Quelques toiles à elles seules justifient le déplacement — normalement exposées en permanence, sauf prêt occasionnel à un autre musée.
La série peinte pour décorer la chambre d'amis de la Maison jaune à Arles, où Van Gogh espérait fonder une communauté d'artistes avec Paul Gauguin.
Sa propre chambre dans la Maison jaune, peinte à trois reprises : des aplats de couleurs vives censés, selon ses propres mots, exprimer le repos.
Van Gogh en a peint plus de trente-cinq, faute de pouvoir payer des modèles, mais aussi comme un exercice d'observation de lui-même mené presque sans relâche.
À cela s'ajoutent Les Mangeurs de pommes de terre, sa première grande composition, et L'Amandier en fleurs, peint pour célébrer la naissance de son neveu et filleul. Le même billet donne aussi accès à l'exposition temporaire installée dans l'aile Kurokawa, renouvelée régulièrement.
C'est le point que la plupart des visiteurs découvrent trop tard : on n'entre pas au Musée Van Gogh sans avoir réservé sa place à l'avance.
Contrairement à beaucoup de musées, le Musée Van Gogh ne vend aucun billet sur place. Chaque entrée est liée à une date et une heure précises, réservées en ligne au moment de l'achat, y compris pour les enfants dont l'entrée est gratuite. Le musée met ses créneaux en vente par blocs, généralement deux à quatre mois à l'avance, et les périodes les plus demandées, l'été et les vacances scolaires en tête, se remplissent souvent plusieurs semaines avant la date elle-même. Arriver sans billet en espérant en trouver un au guichet ne fonctionne tout simplement pas : c'est la première chose à anticiper, avant même de choisir sa date. Tarifs actuels, réductions et façons de réserver sont réunis sur la page billets et créneaux.
Un musée en plein cœur du quartier des musées d'Amsterdam, facile d'accès à pied comme en tram.
| Point | Détail | À savoir |
|---|---|---|
| Adresse | Museumplein 6, Amsterdam | À côté du Rijksmuseum |
| Horaires | Tous les jours 9h00-18h00 | Nocturne le vendredi jusqu'à 21h00 |
| Durée | 1h à 1h30 | Collection permanente + expo temporaire |
| Réservation | Obligatoire, créneau horaire | Aucune vente sur place |
| Accessibilité | Totale | Fauteuils et poussettes |
| Photos | Interdites dans les salles | Autorisées au hall d'entrée uniquement |
La page préparer sa visite détaille l'accès, les horaires et les règles sur place, tandis que la page billets et créneaux réunit les tarifs à jour et les différentes façons de réserver.
Oui, c'est obligatoire. Tous les billets s'achètent en ligne à l'avance avec une date et une heure d'entrée précises, il n'existe aucune billetterie sur place, et cela vaut aussi pour les enfants dont l'entrée est gratuite.
Museumplein 6, sur la place des musées d'Amsterdam, à côté du Rijksmuseum et du Stedelijk Museum. On y accède en tram (lignes 2, 5, 12 ou 24) ou à pied depuis Leidseplein en une quinzaine de minutes.
Comptez en moyenne 1h à 1h30 pour parcourir la collection permanente et l'exposition temporaire en cours.
Non, pas dans les salles d'exposition : la photographie des œuvres y est interdite. On peut seulement photographier sans flash dans le hall d'entrée et aux emplacements dédiés (les « selfie walls »).
Les Tournesols, La Chambre à Arles, plusieurs autoportraits, Les Mangeurs de pommes de terre et L'Amandier en fleurs comptent parmi les œuvres normalement exposées en collection permanente, même si certaines toiles partent occasionnellement en prêt pour des expositions ailleurs.
Elle provient de Theo van Gogh, le frère et marchand d'art de Vincent, qui a conservé la quasi-totalité de ses toiles invendues. La collection est restée dans la famille jusqu'en 1962, date à laquelle le neveu du peintre l'a fait donner à la Fondation Vincent van Gogh, ouvrant la voie au musée inauguré en 1973.